La plume facile existe-t-elle vraiment ?

La plume facile existe-t-elle vraiment ?
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Si vous rédigez et cherchez des missions, vous avez probablement déjà croisé des annonces précisant : « Vous devez avoir la plume facile. » Mais que signifie exactement cette expression ? La réponse est importante, car elle peut déterminer si vous oserez postuler. Voyons donc ce qui se cache derrière cette exigence.

Que signifie avoir la plume facile ?

Cette expression n’a pas de définition bien arrêtée, même si son sens paraît intuitif. La plume, comprise comme un outil d’écriture, associée à l’idée de facilité, nous permet de l’expliquer ainsi :

Avoir la plume facile, c’est écrire avec verve et transposer ses pensées sur le papier avec aisance.

Cette aptitude permet de créer facilement et efficacement des contenus agréables à lire et capables de susciter l’intérêt des lecteurs.

La question de savoir si cette aisance est innée ou si elle peut s’apprendre reste ouverte. Certains avancent même qu’elle n’existe pas.

Aujourd’hui, nous aborderons une question plus concrète : avoir la plume facile est-il réellement une qualité propre aux bons rédacteurs, qui expliquerait la qualité de leurs textes ? Son absence ferme-t-elle les portes du métier ? Nous allons dissiper ces doutes.

La plume facile existe-t-elle ?

Selon un principe linguistique, la création des mots répond à un besoin. Si l’expression « avoir la plume facile » est apparue, c’est donc que certains textes se lisent effectivement plus volontiers que d’autres. Certains copywriters écrivent de façon plus captivante que leurs confrères : lire leurs contenus peut être un baume pour l’âme, tandis que d’autres lectures ressemblent à un trajet sur une route pleine de nids-de-poule.

Cette simple observation a fini par recevoir un nom qui, au passage, remplit bien son rôle dans la communication : on peut dire tout simplement que tel auteur a la plume facile, tandis que tel autre ne l’a pas.

Le problème, c’est que cette généralisation lexicale ne rend pas compte de toute la complexité du sujet. Avoir la plume facile n’est pas une étiquette binaire que l’on reçoit avant même de naître ou à l’issue d’une formation coûteuse. Cette aptitude se situe plutôt sur une échelle comportant toute une série de degrés entre 0 et 1. Autrement dit, un rédacteur peut réunir, à des degrés divers, les qualités que l’on associe couramment à la plume facile.

De quoi dépend l’aisance rédactionnelle ?

Nous savons désormais que la réalité n’est pas toute noire ou toute blanche. La plume facile n’est pas quelque chose que l’on acquiert ou que l’on perd d’un seul coup. Alors, pourquoi certains écrivent-ils avec aisance alors que d’autres peinent davantage ? Deux facteurs entrent en jeu. Le premier se trouve dans notre tête ; le second tient au sujet sur lequel nous écrivons.

La structure neuronale

Chacun découvre et vit le monde à sa manière. Une combinaison unique de gènes et des expériences de vie individuelles façonnent notre personnalité, y compris notre façon de penser. Si le comportement est sensiblement influencé par un simple taux de testostérone dans le sang, de l’ordre de 20 à 30 nmol/l chez l’homme, que dire des cellules nerveuses du cerveau, dont le nombre est estimé à 150 milliards et dont chacune établit, en plus, des connexions, ou synapses, avec 10 000 autres ?

Un réseau neuronal aussi complexe contribue au cheminement de pensée propre à chaque personne. Puisque l’écriture n’est rien d’autre que la transcription des pensées au moyen de signes codifiés, nous construisons tous nos phrases différemment. C’est notamment pour cette raison qu’il n’existe pas deux styles d’écriture identiques et que les robots ne peuvent pas créer des contenus de la même manière que les humains.

La diversité des compétences rédactionnelles reflète l’architecture mentale unique de chacun. Précisons que cela n’implique pas l’existence d’une zone du cerveau dédiée ou d’une configuration particulière de neurones qui donnerait la plume facile. Nous parlons d’une qualité qui varie en intensité, et non d’une caractéristique que l’on possède ou non. Nous pouvons donc seulement affirmer que certaines personnes sont tout simplement plus prédisposées à mettre leurs pensées par écrit.

Exemple

Si vous avez tendance à penser de façon complexe et formelle, il vous sera plus difficile de conserver la verve et la fluidité indispensables à une plume facile. Ce n’est ni un défaut ni une faiblesse : vous avez simplement une autre façon de fonctionner. Le marché a besoin d’auteurs expressifs, capables d’écrire un bon roman policier ou un article sur l’art de vivre, mais aussi de rédacteurs analytiques, plus à l’aise avec les guides techniques ou les sujets complexes.

La nature des missions

Les caractéristiques propres à chaque personne influencent ses compétences linguistiques, notamment ses capacités rédactionnelles. Pourtant, la rapidité, l’aisance et la fluidité de l’écriture dépendent avant tout des exigences de la mission, c’est-à-dire des informations à transmettre.

Si une mission demande peu de réflexion, il est bien plus facile de garder la plume facile. On peut presque « produire » les phrases à la chaîne et écrire avec une grande efficacité. En revanche, dès qu’une tâche complexe exige un contenu particulièrement solide sur le fond, cette aisance disparaît. Les compétences rédactionnelles ont-elles soudain diminué ? Non : le sujet demande simplement beaucoup plus de prudence et de réflexion, ce qui freine complètement la spontanéité de l’écriture.

Une phrase est une pensée qui se termine par un point. — L. Wittgenstein.

Lorsqu’une mission repose sur une réflexion plus approfondie, il devient plus difficile de formuler des phrases justes. C’est une caractéristique naturelle de l’écriture, puisqu’elle ne fait que le lien entre les pensées et le papier. Plus les questions abordées sont complexes et difficiles, plus la rédaction sera lente. Dans ce cas, les qualités associées à la plume facile seront nettement moins présentes.

Résumé

  • Que signifie avoir la plume facile ? Cette expression désigne la capacité à créer des contenus rapidement et avec aisance.
  • En théorie, les rédacteurs qui ont la plume facile formulent leurs phrases plus aisément et produisent ainsi des textes plus élégants et plus intéressants.
  • Si les dispositions personnelles influencent effectivement les capacités rédactionnelles, l’aisance dépend avant tout du sujet traité. Les contenus simples seront toujours plus faciles et plus rapides à rédiger que ceux qui exigent une réflexion approfondie.

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